Prieuré de Bléron

Le prieuré de Bléron est situé dans la forêt domaniale d’Allogny et fait partie de la commune de Saint-Martin d’Auxigny.

Un lieu chargé d’histoire

Bléron en 2020

Au moyen-âge, Bléron se trouvait sur le «chemin des forêtins» qui reliait les résidences de Mehun-sur-Yèvre et la Salle-le-Roy aujourd’hui détruite. La présence d’une source, toujours visible, et de nombreux ruisseaux a incité les moines à s’installer dans ce lieu en lisière de forêt. Le prieuré était constitué de la chapelle du XIIIème siècle, de la maison du prieur datée du XVe et de la maison des frères du XVe dont il ne reste plus rien. L’ensemble formait un enclos entouré par les prés et champs cultivés par les frères ermites. Longtemps délaissée, cette enclave au milieu de la forêt a perdu soixante quinze pour cent de sa surface. L’actuelle clairière qui entoure le prieuré est le dernier témoin du travail réalisé par les moines de Bléron.

La fondation du prieuré de Bléron est attribuée à Philippe-Auguste, roi de France. En 1181 il accorde une rente annuelle en argent et en vivre, prélevée sur le domaine de Bourges, afin qu’un office religieux soit célébré chaque jour pour le salut de l’âme de Louis VII et de ses prédécesseurs. Le prieur est placé sous la dépendance de l’abbaye Augustinienne Saint Ambroix de Bourges. Il est probable que l’origine du prieur soit plus ancienne encore et qu’un petit groupe d’ermites ait vécu sans règle et sans éprouver le besoin de se structurer autour d’un ordre monastique.

Les Bonshommes de Bléron

Peu de détails nous sont parvenus sur la vie spirituelle du prieuré. Constitués de quatre religieux et d’un «frère prieur» les «bonshommes» de Bléron avaient la réputation d’être pauvres, bien que, dès 1189 des dons privés s’ajoutèrent au revenu royal. La communauté vivait de l’élevage de bétail et de la culture des champs autour du prieur. Les frères de Bléron appartenaient à l’ordre mendiant des Augustins et en suivaient les règles : le renoncement aux biens personnels, la chasteté et l’obéissance à un prieur. Leur journée était rythmée par des temps de prière imposés.

Le déclin du prieuré

Les frères résideront à Bléron jusqu’au début du XVIe siècle. Les guerres civiles et la réforme de la coutume en Berry auront raison de la vie monastique. Après 1539, le prieur n’est plus qu’un titre disputé entre d’importantes familles pour bénéficier des revenus du prieuré. Le prieur ne réside plus sur le site et n’entretient plus de lien avec l’abbaye Saint Ambroix et en 1680 le titre de prieur quitte le territoire du Berry et n’y reviendra plus.

Si les moines n’occupent plus le site, Bléron continue d’être un lieu de culte jusqu’à sa vente comme bien national en 1791, après la révolution française. Dès lors la propriété privée est louée comme ferme au cœur de la forêt domaniale. Il faudra attendre 1991 pour que l’état français rachète les vingt-six hectares du site de Bléron et en confie la gestion à l’Office National de Forêts

L’association du Prieuré de Bléron

Abandonné depuis la guerre, le site est menacé de ruine et une association se forme en 1996 avec pour ambition la création d’une «maison de la forêt» dans le logis du prieur. Malheureusement la réhabilitation n’a jamais eu lieu.

En 2010, l’association du prieuré de Bléron renaît afin de sauver la chapelle. L’organisation d’événements culturels a permis de récolter des fonds pour la sauvegarde de la chapelle. La toiture de tuiles a été déposée afin d’alléger les charges qui pesaient sur la charpente. Une bâche recouvrant le toit permet la mise hors d’eau de l’édifice en attendant de plus amples travaux.

Les manifestations culturelles ont surtout permis de valoriser et d’attirer l’attention sur ce patrimoine en péril. Le 08 août 2013, la préfecture du Cher a accepté l’inscription du prieuré de Bléron sur la liste des monuments historiques, reconnaissant les qualités historiques, architecturales et environnementales du site.

En 2016, sous l’égide de la direction régionale des affaires culturelles, la chapelle renaît sous une majestueuse charpente et une couverture entièrement neuve.


Avec son accord, cette présentation du prieuré est librement inspirée des recherches réalisées en mars 2013 par Anne-lsabelle BERCHON ayant permis l’inscription du site sur la liste des monuments historiques.

 


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